BLACK MOUNTAIN TRAIL 2017 : On nous avait prédit l’Enfer

Logo

Tout était minutieusement planifié depuis plusieurs jours, sauf le temps. Ce temps là  nous a joué des tours.

Revenons au commencement. Début janvier, alors que je planifiais ma saison Trail, je suis tombé par hasard sur cette course dans le Tarn (Saint Amans-Soult plus précisément) qui m’a de suite tapé dans l’œil. La difficulté de cette épreuve résidait dans la dimension physique de celle-ci (55km et 3600m de D+ ça commence à faire) et aussi au niveau de la dimension psychique : l’organisation nous promettait l’enfer et je voulais faire partie de cette expédition dans la montagne noire. Le Trailer alléchant de l’édition précédente sorti quelques jours après mon inscription a dissipé tous mes doutes, on allait en chier.  Cette course étant à 4h de route de chez moi, il a fallu donc réserver un hébergement pour y passer la nuit précédant la course.

Vendredi 3 mars, sac prêt depuis la veille, départ pour le Tarn à 9h avec mon père. Après un repas sur Toulouse, on se dirige vers une des montées clefs de la course : Le Pic de Nore. C’est un sommet français dans la Montagne Noire à 1200m d’altitude. Le tracé de la montée est réputé pour être difficile et l’organisation avait enregistré des températures de -16°c sur l’édition précédente, de quoi rendre la course encore plus difficile.

Durant cette reconnaissance, on a rencontré le brouillard alors qu’il restait 3km d’ascension et plus on montait, plus celui-ci s’épaississait.

Reconaissance 1
A quelques kilomètres du sommet, le brouillard était déjà épais

Des rafales de vents à 70km/h accompagnaient ce brouillard et ne laissaient rien présager de bon pour la course.

20170303_151338
Photo prise en haut du Pic de Nore, à une quinzaine de mètres de l’émetteur

Une fois arrivé en haut, on distinguait à peine à quelques mètres de nous l’émetteur de 105m de haut

P1060217
Photo de l’émetteur du Pic

Après cette difficile reconnaissance, on repart avec mon  père sur Saint Amans pour aller récupérer mon dossard. En même temps, je demande s’il y a des changements particuliers au vu des conditions climatiques. Les bénévoles me répondent qu’il n’y a pas de modifications prévues et que la neige ne tombera que sur le Pic de Nore et en aucun cas dans la vallée. On rentre donc sereinement sur Castres avec mon père.

Au cours de la soirée, je contrôle mon sac de course et fait un dernier petit briefing avec mon père pour savoir les différents points de rencontre.

P1060242
Photo de l’ensemble de l’équipement que j’avais prévu sur cette course

Je prépare ensuite deux seringues avec de l’éosine dedans qui me serviront sur la course pour soigner mes ampoules. La technique est simple : j’injecte directement l’éosine dans l’ampoule après avoir aspiré le liquide séreux contenu à l’intérieur de celle-ci.

Je mets mon réveil à 4h du matin et dodo. 23h15, je bataille toujours pour dormir, je cogite pourtant je ne stresse pas. Je ferme les yeux l’espace d’un instant et je me réveille en sursaut à 1h30 du matin, impossible de me rendormir ensuite. Je lis un peu et décide de me lever à 3h pour prendre le temps de bien manger.

Naïvement et par peur de ne plus avoir d’énergie pendant le trail, je mange beaucoup trop : Gatosport (1 seul suffit pour un marathon), un formitel hyperprotéiné, hyperglucidique et hypercalorique (500Kcal tout de même), deux barres de céréales et le reste du riz de la veille.

Erreur fatale, mon ventre n’a pas apprécié du tout ce traitement et me l’a fait savoir. Vers 5h, j’ai eu de grosses crampes d’estomac et j’ai dû aller me faire vomir pour me soulager. Génial, la course n’est pas commencée et je suis déjà dans le dur. 3 smecta et 2 spasfon plus tard, nous voilà partis avec mon père  à 5h45 en direction de Saint Amans. En sortant de l’appartement, on fait face à une grosse pluie et de bonnes rafales de vents. Comme annoncé dans le Trailer et par les organisateurs la veille de la course, le temps sera aussi juge de paix sur cette épreuve. Sur le chemin, la pluie devient de plus en plus forte et à quelques kilomètres de Saint Amans elle se mêle à la neige. Une fois sur site, vers 6h du matin et à 1h du départ, ce n’était plus de la pluie mais carrément de la neige qui tombait abondamment.

Je me suis rendu dans le gymnase pour avoir de nouvelles infos et un bénévole m’a indiqué qu’au vu des conditions de neiges exceptionnelles (Déjà 15cm en 1h en haut du pic), la course était reportée à 8h et raccourcie de 15km.

Arrêt urgent aux toilettes pour des grosses crampes d’estomac. Décidément, ce n’est pas le jour.. Je repars directement à la voiture histoire de me réchauffer

P1060248
Photo prise à 7h du matin sous la neige

7h45, la montre sonne. Je me dirige sous le chapiteau à côté du départ, l’organisateur annonce un nouveau départ différé de 30 minutes.

L’attente est longue, très longue. Je visse mes écouteurs dans mes oreilles et me balance en boucle Vangelis – Conquest of paradise, la musique du départ de l’UTMB (que j’aimerais bien faire dans quelques années). 8h10, tout le monde se dirige sur la ligne de départ à l’appel de l’organisation. Enfin le départ va être donné.

La voix du speaker semble hésitante, il n’a pas encore annoncé la nouvelle mais il n’y a plus de doute, la course va être annulée. Après un discours de quelques minutes justifiant l’arrêt de la compétition, l’organisateur de la course passe le micro au maire de la ville car il semble affecté par cette décision.

Le maire nous confirme cette décision pour raison de sécurité et de visibilité. En effet, l’ensemble du balisage a disparu sous l’épais manteau neigeux et des arbres sont tombés sur le parcours. Les quelques secondes de déception et d’énervement même sont balayés par la raison, il est plus sage de ne pas partir. Chose sympathique, cette décision est applaudie par l’ensemble des coureurs, le directeur de course semble touché.

De retour à la voiture, l’énervement s’est complètement dissipé et laisse place à de la déception. En effet, il s’agissait de mon premier trail de la saison ainsi que la plus longue distance trail que j’aurai effectuée. Tant pis, je participerai à cette course avec plaisir l’année prochaine.

P1060250
Après l’annonce de l’annulation, dernière photo avant le retour à la maison

J’écris cet article quelques jours après la compétition, au vu des photos postées par l’organisation 3 jours après, il n’était absolument pas sérieux de courir dans ces conditions-là.

Pour me consoler, je viens de m’inscrire sur l’Euskal Trail 130km au mois de mai, en espérant que le temps sera de la partie.

EuskalTrail

Je tiens à remercier l’ensemble des bénévoles qui ont été d’une grande gentillesse et qui ont préparé cette course durant plusieurs semaines voire plusieurs mois. Ce sont eux les plus à plaindre tant ils ont du s’investir dans ce projet. Ce n’est que partie remise, à l’année prochaine la BMT !


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s