Compte-rendu du marathon de Toulouse 2016

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Ahhhhh le marathon.. La distance mythique de la course à pied. Courir un marathon est vraiment un évènement spécial, celui de Toulouse est donc mon deuxième officiel.

Par où commencer ? Surement par mon inscription assez miraculeuse et inespérée. Je comptais m’inscrire au dernier moment sur l’épreuve (date butoir le 17 octobre) pour voir si la prépa IronMan n’allait pas trop m’épuiser pour effectuer ce marathon. J’ai donc pris la décision le 12 octobre de m’inscrire. Problème, les inscriptions étaient terminées 6 jours avant la date limite. J’ai décidé de poster sur tous les groupes inimaginables à la recherche du précieux Graal. Le samedi 15 octobre, j’ai contacté quelqu’un qui ne comptait pas le courir. Le lundi 17 octobre, cette personne m’annonce que finalement elle ne voulait plus me vendre son dossard. Je me remis alors à la recherche d’un nouveau dossard et grâce aux différents partages sur Facebook j’ai pu trouver le sésame. Merci à Nicolas de m’avoir mis en contact avec Jean Luc qui a bien voulu me le vendre .

22 octobre, J’espère pouvoir récupérer ce dossard et participer à mon deuxième marathon sous les couleurs de Parentraide Cancer, une association dont je suis membre, qui vient en aide aux enfants qui sont atteints de cancer et à leurs parents en Aquitaine. Moi-même ancien enfant malade, c’est quelque chose qui me tient vraiment à cœur et une source de motivation supplémentaire.

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Préparation de tout le nécessaire la veille de la course

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Arrivé à Toulouse depuis la veille chez ma sœur, je commençais doucement mais surement à psychoter sur le risque de ne pas avoir de dossard : je ne voulais pas avoir de faux espoirs et jusqu’au dernier moment je m’imaginais sans dossard. Rendez-vous à 15 h au village départ avec Jean-Luc  qui m’a remis son dossard non sans émotion puisqu’il ne pouvait y participer à cause d’une blessure. Je l’ai remercié en lui promettant d’avoir une grosse pensée pour lui sur la ligne d’arrivée.
Je suis ensuite resté un peu pour visiter le village départ et ses nombreux stands, j’en ai profité au passage pour essayer mes futures chaussures : Les Hoka one one Vanquish 2. Et oui, après deux marathons et quelques 900km effectués mes Ultraboost n’ont plus fière allure.

Je me suis ensuite arrêté au stand Isostar, partenaire du marathon, afin de m’acheter des gels énergétiques avec des BCAA et un gatosport pour le jour J.

Je rentre à l’appartement préparer toute mes affaires et fixer mon dossard sur le tee-shirt pour ne pas oublier quelque chose au dernier moment à cause du stress.

S’en suit alors un petit « briefing » à la cool avec ma sœur et son copain au « paradis du fruit » autour d’un superbe Smoothie ultraprotéiné. Dernier repas le soir : le classique pasta party transformée en riz party. Je prépare ensuite mon gatosport pour demain afin de gagner 10 minutes de sommeil.

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Jour J

J’ai dormi, enfin, j’ai mal dormi. 6h30, le réveil sonne, je décide de manger ¼ du gâteau toutes les demi-heures afin qu’il ne pèse pas sur l’estomac. Je bois ma boisson d’attente, le classique Powerade pour le coup. J’ingurgite 3 smecta pour ne pas avoir de problème de transit durant la course et fais un petit pipi avant de partir à 8h15 direction le pont Pierre de Coubertin pour un départ du marathon à 9h30.

J’arrive près d’une heure en avance. L’attente est longue, très longue. Il fait froid, il y’a des rafales de vents de coté à 70 km/h, le doute s’installe, ai-je fais le bon choix de partir en cuissard mi-cuisse et tee-shirt léger ?

Mon plan est simple : courir à côté du meneur d’allure « 4h00 » pendant les 32 premiers kilomètres et accélérer sur 10 km pour pouvoir passer nettement sous les 4h. Sur le papier c’est simple, je sais que je suis capable de tenir une allure de 4’45 au kilomètre sur 30 bornes et là je vais courir en 5’40. C’est ici que j’effectue ma première erreur, j’ai joué trop petit bras.

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Circuit du marathon de Toulouse 2016

9h10, deuxième pipi… Celui du stress. Je rejoins mon sas de 4h vers 9h15 et décide de sautiller sur place pour me réchauffer tout en finissant ma boisson d’attente.

Comme aujourd’hui il y a un meneur, je vais peu regarder mon allure et j’affiche sur l’écran de ma Garmin Forerunner mes pulsations pour me concentrer sur ma fréquence cardiaque. L’objectif est de rester aux alentours de 150/160 avant de monter dans les tours sur les 10 derniers kilomètres et de passer à 185/190.

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Diagramme de ma fréquence cardiaque sur toute la durée du marathon

PAM ! Le départ du SAS élite à 9h30 pile. On rejoint péniblement la ligne 4 minutes après le départ officiel.

Les premières foulées sont courtes, tout le monde est stressé, tout le monde se bouscule, on franchit le premier kilomètre en 6’26.C’est alors qu’une nouvelle envie pressante se fait sentir. A peine un petit kilomètre et demi et déjà un arrêt au stand pipi. Je rejoins un coureur qui comme moi se soulage, on se chambre et on repart ensemble. Nous allons faire 30 kilomètres côte à côte. Les 5 premiers kilomètres sont pénibles, j’ai mal à mes  tendons d’Achille et je sens que mes quadriceps sont déjà très (trop ?) contractés, j’ai peur d’avoir des crampes dues au stress et me pose déjà beaucoup de questions.

Avec Mikaël, mon compagnon du jour, on rejoint le meneur d’allure au niveau du premier ravitaillement. On ne s’attarde pas trop, juste de l’eau et un morceau de pain d’épice. Le meneur d’allure peste, le marquage des kilomètres est effectué «  à l’arrache » au sol, aucun panneau pour indiquer la distance parcourue, juste des petits tags pas souvent visible.. Un point à améliorer pour l’organisation.
7ème kilomètre, premier faux plat montant, à ce rythme je n’ai pas de problème à passer cette bosse. On discute Mikaël et moi avec le meneur d’allure.

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En pleine discussion avec le meneur d’allure et Mikael (Crédit photo : runningmag.fr)

 

C’est le premier marathon de Mikaël, il stresse lui aussi. Le temps se lève, le ciel se dégage et le vent disparaît : Il va faire chaud. Deuxième ravito, nouvelle bouteille et deux morceaux de sucre histoire de se rassurer. On passe le 10ème kilomètre en 55 minutes. Je commence à avoir des fourmis dans les pieds, j’ignore ce problème pendant 1km mais je ne sens déjà plus mon pied. Premier accroc, je dois m’arrêter pour desserrer mes chaussures. Je me dépêche afin de rejoindre au plus vite le meneur d’allure et Mikaël. Mon cardio reste content : 137 à 142 bpm, je suis bien, trop bien. Je gamberge, ça va lentement, j’aurai du partir avec le sas 3h45. J’en profite pour discuter de tout est de rien avec Mikaël.

Déjà le 15ème  puis le 20ème kilomètre ? Le temps passe vite ! Ravitaillement du semi-marathon, je prends une boisson Isostar et une barre énergétique. Juste après l’avoir avalé je sens déjà qu’elle pèse sur mon estomac, je vais devoir être plus prudent sur les ravitaillements solides.

On passe la moitié du parcours en 1h57 et je suis relativement bien, aucune fatigue et mon cœur bat toujours aux alentours de 140/145 bpm.

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Temps dans les différentes zones cardiaques

On entre dans le vieux Toulouse, c’est vraiment une chouette ville ! De nombreuses personnes sont là pour nous encourager, il y a des concerts, c’est vraiment génial !
25ème kilomètre, deuxième arrêt au stand pipi, cette fois-ci je décide de prendre mon temps pour ensuite me tester afin de recoller au plus vite au meneur d’allure. Je rejoins Mikaël et le meneur quelques centaines de mètres après. Ça fait du bien de passer sous les 5’ au kilomètre.

Le 27 ème kilomètre approche et on décide de prendre notre temps au ravitaillement afin de bien s’hydrater et se mouiller la tête car la température grimpe déjà (23°C). J’en profite pour boire un Peps (histoire de changer un peu) et manger une seconde barre. J’ai faim, par peur d’une hypoglycémie, j’avale mon premier gel énergétique : deuxième erreur, je n’avais pas testé le gout avant et c’est franchement dégueulasse.

Je sens que Mikaël peine à partir du 28 ème, il commence à baisser l’allure. Bien sûr, on reste dans les temps du 4h mais il du mal à recoller au groupe quand il se fait « enfermer » par des coureurs plus lents. Je ralentis et l’encourage à maintenir sa cadence. Pendant 2 kilomètres je reste avec lui, on commence à perdre plusieurs dizaine de mètres sur notre meneur d’allure.

30ème kilomètre, c’est à partir de ce moment-là que je commence à avoir peur du fameux « mur » qui m’a tant fait mal au marathon de Bordeaux en avril (4h47). Je motive Mikaël qui me dit de partir. Je tape dans sa main, lui souhaite bonne chance et le laisse là. Je ne le reverrai pas. Je recolle au meneur d’allure assez aisément, je suis vraiment bien. Je me mets à son niveau et commence à faire mon plan dans ma tête : quand est ce que je vais accélérer ? 32ème, trop tôt, j’ai peur de craquer, 34ème l’effort ne sera pas assez long. Je décide donc d’attaquer au 33ème.

Il y a du monde sur la route, les premiers « déchets » qui se sont pris le mur des 30 de plein fouet marchent déjà sur le bord de la route. 32 ème kilomètre, ravitaillement, je décide de prendre un smecta pour éviter tout problème. Les bénévoles ont bien rigolé quand ils m’ont vu sortir ma poudre magique !  Un chrono intermédiaire dit que je pointe à la 1200ème place (sur 3000 participants), pas mal sachant que j’ai le réservoir presque plein !

33ème kilomètre c’est le moment d’accélérer. Je remercie Gilbert, le meneur et lui dit au revoir. Je me fixe comme objectif de passer sous les 5’ au kilomètre. Il fait chaud, trop chaud et j’espère tenir à ce rythme. Le premier kilomètre passe, je l’effectue en 4’50, je suis bien. Tout en courant, je m’arrose avec une bouteille que me tend un spectateur . Je me sens toujours bien et poursuis mon effort sur ce rythme. Faux plat descendant au 35ème je passe en 4’30. Pas de problème de souffle ni de jambes, je décide de poursuivre à ce rythme. Peut-être vais-je finir en 3h45 ? Ma montre affiche 3h17, ça va être très juste..

Je prends le ravitaillement à la volée et décide de ne plus manger pour ne pas perdre de temps, seulement boire de l’eau. Il commence à y avoir beaucoup de monde sur le côté de la route, j’entends des « Allez Jean-Luc », j’ai du mal à percuter qu’il s’agit de mon prénom sur le dossard, ça me fait sourire.

Je m’asperge pour baisser ma température corporelle. Je ramasse énormément de gens sur le bord de la route. Je double du monde, quelle sensation grisante !

Je ralentis un peu au 36 et 37 ème et les effectue en 4’30 en moyenne. Je prends mon deuxième gel pour apporter de l’énergie à mes muscles et poursuivre à ce rythme, j’effectue le 38ème kilomètre en 4’00 pour un temps cumulé de 3h30. Je calcule : il me reste 4 kilomètres à faire en 15 petites minutes, ça fait du  3’45 au kilomètre environ. Je commence à perdre espoir. Je serre les dents, le fait de doubler du monde permet de me motiver.

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Profil du parcours : Tout plat ! Propice à un bon chrono

Je décide de mettre un coup d’accélérateur au 39ème en voyant 3h34 sur ma montre, j’ai baissé en rythme. Je commence à être dans le dur, à ne plus être très lucide. 41 ème km marqué au sol, la montre affiche 3h39 pour seulement 40km. C’est le 41ème ou 40ème kilomètre ? Je suis un peu perdu, je décide de faire confiance au marquage au sol, nouvelle erreur. Je ralentis un peu jusqu’à ce que je vois finalement, 500m plus loin, un panneau indiquant 40km et non 41. Je m’énerve.  Il me reste 6 minutes pour faire 2 kilomètres. Je ne m’arrête pas au dernier ravitaillement, je donne tout, les jambes commencent sérieusement à chauffer. 41 ème kilomètre la montre affiche 3h43 et 02 secondes, j’augmente l’allure. Une grand ligne droite, un virage et on arrive sur la Place du Capitole.

Il y a foule, la vue de tous ces gens me booste, j’ai mal, dernier virage. J’entends des « allez Jean-Luc » puis un « allez Hugo », c’est ma sœur. J’accélère, je sprinte même, 300m, 200m, je gratte des places, je suis à bout de souffle, 100 mètres, je suis à fond. Je passe la ligne, je coupe mon effort, net, deux crampes aux quadriceps et je m’effondre.

Je regarde ma montre 3h45 et 56 foutues secondes. J’échoue pour 56 secondes, rageant. Un membre de la croix rouge m’aide à me relever et une bénévole me félicite en me remettant la médaille. Je pense à Jean luc, je suis finisher, pour la seconde fois.

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Bilan

Il est facile de parler après coup. J’aurai du partir directement sur une allure de 3h45, je les avais clairement dans les jambes. J’ai eu une course intelligente mais en voulant courir à l’économie j’ai malheureusement accéléré quelques centaines de mètres trop tard . Ce dernier kilomètre était magique, j’ai parcouru les 1000 derniers mètres en 2’54 avec une vitesse maximale de 28 km/h sur les 75 derniers mètres. Plutôt fier de moi… comme quoi se faire mal à l’entrainement avec du fractionné permet d’être performant.

Je tiens à remercier l’ensemble des bénévoles, j’ai passé un super marathon. Cette course mérite son label international, le seul point à améliorer est son marquage au sol quasi invisible.

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Crédit photo : runningmag.fr

Maintenant c’est du repos, reprise de l’entrainement dès mercredi avec de la piscine que j’ai un peu négligé ces temps-ci. Je vais reprendre le vélo tranquillement le week-end prochain et me remettre à la course à pied à partir du 6 ou 7 novembre.

Mon prochain objectif est la course des quais à Bordeaux : Un 10 kilomètre. Une partie de la recette de la course ira directement pour l’association Parentraide Cancer. J’essaierai de me rapprocher de la barre des 40 minutes mais je sais que je ne pourrai pas titiller mon record perso’ de 38 minutes.


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